AUTOUR DE L’EXPOSITION “Courbet dessinateur” – Rencontre avec Yan Pei-Ming

Dans le cadre d’une formation organisée par Madame Marguerite Bernard, Messieurs Lucas Pomorski et Samuel Chenal, conjointement au collège Pierre Vernier et au musée Gustave Courbet à Ornans, les professeurs inscrits au stage ont pu bénéficier d’un échange très riche avec Madame Frédérique THOMAS-MAURIN sur les modalités conceptuelles et organisationnelles d’une exposition (voir notes ci-dessous).

L’après-midi, ils ont pu dialoguer très librement avec l’artiste  d’origine chinoise YAN PEI-MING en résidence dans l’ancien atelier de Courbet, acquis par le Conseil départemental dans le cadre de la commémoration du bicentenaire de la naissance du Maître d’Ornans.

 

Intervention de Madame Thomas-Maurin, Conservatrice du Musée G. Courbet, Ornans.

Il faut en moyenne deux années pour préparer une exposition. Celle-ci émane du Projet culturel et scientifique défini par le musée. Elle est validée par la Direction des Musées de France. Elle s’inscrit ainsi dans une logique et une perception cohérente avec les axes du PCS.
En fonction de deux axes (« Courbet personnalité politique » et « Courbet révolutionnaire artistique »), l’exposition actuelle permet de contextualiser l’artiste dans l’évolution de l’art et de découvrir des artistes contemporains méconnus.


L’objectif de toute exposition – et celle-là n’échappe pas à la règle – est d’attirer un maximum de visiteurs. La démocratisation de l’art est, du reste, l’une des missions du musée. Le comité scientifique doit trouver un équilibre entre faire venir le grand public avec des artistes de renom et attirer des publics plus connaisseurs avec des œuvres plus confidentielles.

Une exposition ne se réduit pas à l’accrochage d’objets ; il faut d’abord fixer une thématique issue d’une réflexion approfondie du comité scientifique, procéder aux choix des œuvres retenues, à la négociation de leur prêt, aux transports, aux assurances, etc. Viennent ensuite les parcours qui construisent une réflexion autour des œuvres. Le travail relationnel du conservateur, ses connaissances et la constitution d’un réseau sont essentiels ; ils permettent de faire venir des toiles ou des sculptures du monde entier, d’où un rayonnement international.


Sur 100 demandes de prêts, 30 seulement se révèlent positives. Il existe pour cette seule partie de l’exposition une
Commission de prêts. C’est l’emprunteur qui prend en charge les assurances spécialisées et le coût du transport. En l’occurrence, pour le musée Courbet, le Conseil départemental y pourvoit. Reste la difficulté, voire l’impossibilité de faire voyager des œuvres parfois trop fragiles pour être transportées.

Viennent ensuite le travail de la scénographie et celui de la mise en espace : deux spécialistes du Conseil départemental apportent leur soutien ; l’un en matière de graphisme et de mise en cohérence entre l’écrit et l’image ; l’autre pour la logique du parcours scénique (accrochage, « dialogue » entre les œuvres, répartition dans les différentes salles, couleur, support, etc.).

Des normes sont systématiquement appliquées afin de préserver les objets empruntés : auscultation de l’état des œuvres avant accrochage (idem avant leur restitution), température et humidité de l’air, lumière (50 lux maximum), etc.

Pour toutes les expositions sur Courbet, le comité scientifique dispose de la correspondance du peintre et des témoignages de l’époque. Cette « bible » et les démarches d’historien de l’art permettent en grande partie d’éviter toute surinterprétation de la vie et de l’œuvre du Maître d’Ornans.
Dans tous les cas, il n’est jamais opportun, dans le cas de Courbet, de séparer l’homme de l’artiste.

Enfin, Mme Thomas-Maurin rappelle l’opportunité d’informer les élèves en quête de projet professionnel sur la richesse des métiers liés au monde des musées. La médiation artistique et culturelle est certainement la plus visible, mais elle n’est qu’un élément parmi d’autres parmi lesquels régisseur, guide-conférencier, restaurateur d’art, conservateur du patrimoine, responsable des publics, documentaliste, muséographe, personnel administratif, etc. 

 

N.B. Madame Bernard, Messieurs Pomorski et Chenal remercient tout particulièrement pour l’aide qu’elles ont apportée à la réalisation du stage, Madame Blaudet, Principale du collège Pierre Vernier à Ornans et Madame Thomas-Maurin, Conservatrice du musée G. Courbet à Ornans.

 

Retrouver également l’article de Madame BARBE, chargée de mission par la DAAC auprès du musée Courbet, relatif à cette rencontre :
http://daac-arts-culture.ac-besancon.fr/2019/04/08/latelier-du-peintre-lartiste-yan-pei-ming-rencontre-a-ornans-les-professeurs-darts-plastiques-du-bassin-de-pontarlier/

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