COMPTE RENDU : SECONDE JOURNÉE “RÉFORME DU LYCÉE” ET “NOUVEAUX PROGRAMMES”

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Compte rendu succinct des interventions de la journée de formation

Nouveaux programmes et Réforme du lycée.

 

Matin (9h00-12h15)

Olivier Deshayes, IA-IPR – Arts plastiques.

  • Remerciements adressés à Madame ZAVATTA, Directrice du FRAC Franche-Comté pour l’accueil réservé aux professeurs pour cette seconde journée de formation.
  • Rappel de l’ordre du jour et informations diverses.

Yann Delmas. Agrégé, formateur académique et formateur « Réforme du lycée ».

L’analyse d’œuvre et visite de l’exposition. Question du regard que pose (qu’impose ?) l’institution. Œuvres d’art ou pas ? Quels regards pouvons-nous porter, comme professeurs d’arts plastiques, sur les objets exposés ? Quels regards nos élèves peuvent-ils porter également sur cette même exposition ?
L’exposition du FRAC pose la question du statut de l’objet et, spécifiquement, de l’objet d’art et questionne la porosité des champs de la création artistique, de leur interaction (arts plastiques/expériences musicales). Où se situent les limites ? Quels outils d’analyse concevoir en fonction de la singularité de nos élèves ? Ne pas confondre analyse d’œuvre et analyse d’image. Il n’existe pas de méthode, mais des outils, souples, qui s’adaptent à une variété d’œuvres singulières. Quels regards plasticiens pouvons-nous apporter ?

Hervé Roelants. Agrégé, formateur « Réforme du lycée ».

Monsieur Roelants insiste sur l’articulation bac +3 bac -3. Il convient de penser des outils allant au-delà du champ disciplinaire des arts plastiques. Ces outils doivent pouvoir servir dans d’autres domaines. Les outils et les démarches de plasticien pourraient ainsi être mis au service de projets plus ambitieux : projet de vie, voire projet de société.

Yann Delmas précise les points suivants :

La visite de l’exposition doit permettre de réinterroger nos méthodes d’analyses d’images. Les futurs outils seront-ils élaborés par l’enseignant seul ? Seront-ils construits par les élèves ? En collaboration avec les élèves (binôme professeur/élève) ? L’analyse donnera-t-elle lieu à des traces ? De quelle nature : écrite, vidéo, audio, discutée entre les élèves ? Pour quelles raisons ?

 

Retour de la visite libre de l’exposition puis de la prise en charge du groupe par deux médiateurs du FRAC.

  • La pochette de disque comme document, comme fétiche.
  • Création et publication de l’objet/œuvre d’art dans une temporalité précise.
  • Les disques vinyle : « mémoire » de la création à un moment donné de l’histoire artistique.
  • L’exposition pose avec pertinence le problème de l’écoute des supports (disques vinyle) sur des « lecteurs » qui deviennent obsolescents.
  • Arts plastiques/arts visuels/créations sonores expérimentales : influences, liens, oppositions, partis-pris…
  • Pochettes d’artistes ou pochettes artistiques ?
  • Le disque vinyle : une logique du multiple ?
  • Disques, pochettes et labels : rapports d’expérimentation.
  • Les QR codes et des playlists peuvent-ils intervenir dans les cours d’arts plastiques pour les enrichir, les compléter, les prolonger ? Pour certains collègues de lycée, la dimension musicale est intégrée dans les cours d’arts plastiques. Idempour certains professeurs de collèges (expériences lumière-sons (fabrication) qui modifient la perception du lieu) en EPI. En AP, travail sur le romantisme (correspondances F. Schubert et C. D. Friedrich).
  • Forme, matière, matériaux, typographie interrogent le design et les arts plastiques conjointement.
  • Prégnance de la notion d’objet sous sa forme la plus matérielle (disque vinyle, pochette, label, voire coffret), alors que les élèves écoutent de la musique sur des supports dématérialisés. Archéologie du support.
  • Questionner le support, la taille, l’échelle, le format, tous imposés par l’objet vinyle. Le format carré de la pochette est déterminant : format industriel, technique, commercial, de diffusion, etc.
  • Questionner les conditions de réception des œuvres/objets par les élèves. Les faire s’interroger sur leur statut et les glissements possibles qui s’opèrent entre eux.
  • Parti-pris de présentation du FRAC qui transforme l’objet. Changement du statut de l’objet. Déplacement du sensible.
  • Analyse possible : organisation de l’espace, couleur, lumière, + éléments spécifiques (format, texture… et donner aux élèves des paramètres propre à la musique (intensité, rythme, couleur du son…). àlien ou décalage
  • L’exposition du FRAC présente la collection d’un collectionneur (Guy Schraenen) : elle exige des connaissances préalables de la musique et des artistes plasticiens par les élèves. Quid des pistes possibles pour contourner cette difficulté ?
  • collection, collectionneur : comment se présentent la diversité et la logique de cette collection à partir d’un objet unique qu’est le vinyle ? Statut, mémoire, objet, format, technique, collaboration musiciens/plasticiens, présentation…
  • à l’intérieur d’une collection, proposer une incitation plastique : ex. le cercle dans le carré.
  • on peut aussi poser la question de l’incomplétude de la collection. Qu’est-ce qui manque à cette collection qui la rendrait (prétendument) complète ?

Cette piste se construit, comme les autres pistes, avec les élèves. Constitution d’un vaste tableau dans lequel tous les éléments sont interdépendants, où l’enseignement des arts plastiques est perçu comme un tout qui interroge des entités reliées les unes aux autres.

  • Identification de l’artiste. Quelle projection pour l’élève par rapport à ses goûts, ses inclinations ?
  • Rapports textes/images : rencontre significative. Souvent inféodé, l’iconique est en général au service du scripturaire. Renverser ces rapports.
  • Produire de la musique en fonction de l’image.

Pause méridienne (12h15-13h15)

 

Après-midi (13h15-16h00)

Pauline Gillard, Chargée de développement culturel / responsable du projet transition écologique et cheffe de culture Jardins suspendus.



  • Présentation de l’École d’art de Belfort, (mode associatif).
    Le « jardin » permet de mobiliser des connaissances, de travailler des concepts, mais aussi des compétences qui permettent de reconnecter les étudiants à la matière (ceux là même qui travaillent le plus souvent sur des supports quasi-dématérialisés).
  • Présentation du « Jardin » et de ses implications au sein de l’enseignement à l’École d’art de Belfort. Domaines travaillés : approches pluridisciplinaires, autonomie des étudiants, prise de conscience des problématiques environnementales. Partenariats multiples.
    Présentation de nombreux ouvrages relatifs aux problématiques artistiques liées aux enjeux sociaux, environnementaux et de développement durable.

 

Raphaël Galley, Artiste plasticien et chargé de cours / coordinateur de la classe préparatoire publique aux écoles supérieures d’art.



  • La classe préparatoire de l’École de Belfort
    Fait partie de l’APPEA[1].
    Huit enseignants oeuvrent dans cette classe préparatoire. L’histoire de l’art n’est pas dissociée de la philosophie. Les élèves travaillent en son-vidéo-photos, en plus des ateliers consacrés aux deux et trois dimensions. Sujets, exercices, méthodologie, mise en place de projets. Les objectifs d’accompagnement des étudiants : construire une démarche et structurer un langage en un temps limité par rapport à une problématique. Entretien avec un GT de l’ISBA (pré-sélection). Workshop. Évolution des étudiants sur une période courte. Sur la promotion de l’an passé, soit 25 élèves : 15 en écoles d’art, 5 en changement d’orientation et DNMADE[2].
    Il faut avoir une bonne connaissance des « profils » des écoles d’art pour orienter les élèves (ex. L’École d’art nationale de Lyon est conceptuelle. L’ISBA[3]est orienté plutôt vers la performance, etc.). Il faut impérativement consulter les sites des écoles d’art + Facebook + Portes ouvertes qui permettent de distinguer ces différents tendances. Des écoles d’art très demandées exigent des pré-dossiers (20 travaux plastiques) avant l’épreuve elle-même (rencontre/oral en vue de présenter son travail plastique et sa démarche artistique). Les entretiens sont fondés essentiellement sur les motivations des candidats. Il existe des passerelles entre les différentes écoles d’art LMD[4].
  • Les équipes d’enseignants de l’École d’art sont au service de la proposition de l’étudiant dans la construction de son projet personnel.

 

Exemples de projets en images : projet, méthode, accompagnement personnalisé. Cadres et contraintes d’un lieu où montrer son travail. L’art n’est pas que marchand. Il n’est pas non plus uniquement objets d’exposition muséale. L’École d’art de Belfort permet d’aborder d’autre voies ; elle est aussi une manière d’aller à la rencontre de publics différents, de créer des échanges, du dialogue, du partage.

1/ Projet d’un objet pour malvoyants permettant d’appréhender le site de la Chapelle de Ronchamp. Travail collaboratif. « Dé-hiérarchisation » entre le professeur – sujet supposé savoir – et les étudiants.

2/ Projet (2013) avec le Centre chorégraphique de Belfort : construire du récit et des images lors d’une randonnée de deux jours. Travail sur le corps et les mouvements avec une danseuse du Centre chorégraphique.

3/ Projet sur une année entière. Partenariat avec une entreprise de béton. Repérer différents lieux dans Belfort, y installer des objets en béton pour en détourner la lecture et reconsidérer le lieu lui-même. Ont été abordées les problématiques de l’exposition et de l’accrochage lors de la restitution du projet dans l’École.

 

4/ En 2017, le projet consistait à investir les lieux du Conservatoire de Belfort : travail sur des images, des sculptures, des photographies, des travaux d’édition… en fonction du lieu et de ses contraintes.

Tous ces projets créent des évènements (aux rythmes et aux dynamiques différents) très appréciés des étudiants.

 

D’autres projets en perspective dont l’un questionnera la façon dont on expose (lieu, lumière, son, construction d’un « environnement », etc.).

 

Projection d’une vidéo sur l’usine Peugeot (visite de l’usine, appréhension du geste répétitif, scénographie du geste individuel, du regroupement collectif, création d’un événement, réalisation d’une courte vidéo).

 

Jean-Marie Boizeau. Directeur de l’École d’art de Belfort.
Remercie l’ensemble des participants et appelle de ses vœux un rapprochement entre le travail des écoles d’art (statut ministère de la Culture et de la Communication) et les professeurs d’arts plastiques de l’académie (ministère de l’Éducation nationale).

 

ANNEXE :

 

 

 

[1]APPEA : réseau des classes préparatoires publiques. http://www.appea.fr

[2]DNMADE : Diplôme National des Métiers d’Art et du Design.

[3]ISBA : Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon. http://www.isba-besancon.fr

[4]LMD : Licence-Master-Doctorat. (baccalauréat +3/5/8)